Heil logo !
Federico Restrepo (Atelier Restrepo Design) doit son renom international à ses créations, en particulier dans le monde du luxe, parfums et beauté. Pourtant, aujourd’hui, c’est de Chine qu’il nous ramène le cas choquant d’un logo censé valoriser l’image des produits chinois dans le monde. Démarche logique en soi. Le hic est que le symbole retenu pour marquer ces produits à l’exportation est un double « s » au style graphique bien proche du SS nazi !
Serait-il inconnu en Chine ? Est-ce volontaire ? On peut en douter. En tout cas, sur les marchés extérieurs, ce label risque de faire plus de mal que de bien… quelles que soient les bonnes raisons invoquées par son concepteur.
Federico livre, pour Admirable Design, ses réflexions sur ce sujet d’actualité.

China Top Brand ?
L’histoire des symboles n’en finira jamais, pourrait-on penser…
Mais bien que le designer chinois du logo concerné ici et son représentant jugent ce débat stérile et pathétique (!), il n’est pas inutile de se demander si l’on a le droit de faire ce que l’on veut en matière de création. On peut éviter, avec un peu de culture, l’amalgame avec les abominations de l’histoire.

Le designer de ce logo, Li Hongking (qui devrait devenir célèbre après cette conception), fait dire sur un blog par un porte-parole de sa société :
Le logo utilise un sinogramme 名 pour “célèbre” ou “top”.
Pourquoi cela est-il comparé au logo des SS ?
Cela est une perte de temps.
Si nous n’avons pas assez confiance et assez d’auto-respect pour ce morceau de culture populaire, alors nous sommes finis comme peuple. Cela est pathétique !
Ce logo est appliqué sur des affiches et sur des packagings (pas simplement sur les faces cachées).
L’explication sémantique donnée sur un blog est que ce sigle composé de quatre flèches représente les quatre forces qui font le succès d’un produit ; ce sont donc deux chiffres 4 assemblés. Ce qui peut être possible.
En effet, le 4 (« si ») seul est un chiffre à éviter car il désigne la mort.

Je laisse donc à chacun le soin de juger et de trancher ce débat.
En ce qui me concerne, je pense que même si le designer n’avait pas connaissance du sigle SS, il serait judicieux et respectueux de changer cette création à vocation internationale. Elle ne donne pas une image flatteuse de son pays d’origine…

Que l’on se souvienne de la marque de jeans 666 et de son fracassant échec sur le marché espagnol (si mes souvenirs sont bons) et de l’étoile des stylos Montblanc qui reste mal perçue dans les pays musulmans à cause de sa proximité avec l’étoile de David.
Les symboles sont des éléments de communication… et bien que la swastika puise ses origines dans une culture de loin antérieure aux nazis, il serait peu approprié de l’utiliser !
Les exemples ne manquent pas…
À l’heure du commerce international, ne sommes-nous pas en devoir de contrôler la signification de nos créations et de manifester de la prudence en ce qui concerne le sens de leur symbolique ?