Aller au contenu
Accueil › La vie du design
La vie du design · 11 juin 2007

Wikipedia, 500 000…

Bernard Prieur-Smester sait ce qu’est le net. Il l’enseigne, l’exerce et le vit ! De là à gober tout ce qui se dit et se fait sur la grande toile il y a un pas qu’il ne franchit pas toujours. Ainsi Wikipedia, fantastique outil de recherche, n’est-il pas ? Fantastique avez-vous dit ? Humm…

admirable_design_wikipedia-.jpg

Béatitude pour un monde babélien

Le lundi 28 mai 2007, à 18h24, Wikipedia enregistrait son 500 000e article en français.

Jimmy Wales, son fondateur, poursuit sa (dé)marche sur les traces du Roi Nemrod pour l’édification d’une nouvelle Tour de Babel. Les cyber-contributeurs remplacent les descendants de Noé, l’Intelligence Collective métamorphose la ziggourat pointée vers le Ciel, mais le mythe de l’axis mundi (axe du monde propre aux civilisations « élues ») demeure intact.

Par le truchement des nouvelles technologies de la communication et de l’information, le projet planétaire vise à garantir « l’accès de Tous au Savoir ». Ce cyberespace serait le terrain idéal pour y construire une coordination non hiérarchique, une mise en synergie rapide des intelligences, des échanges de connaissances et de navigation dans les Savoirs… Avec plus d’1 million de contributeurs, 7 millions d’articles rédigés dans 200 langues, cette « néo-encyclopédie » souvent qualifiée de « libertaire » est dans le top 10 des sites les plus visités au monde…

Mais selon la sagesse populaire, « c’est au pied du mur qu’on voit le maçon » et la visite de chantier révèle une réalité plus « vulgaire » avec son lot de contenus peu fiables, d’imprécisions, de propagandes voire de scandales. On accède à une mise en ligne neutre et policée, revendiquée ouvertement par les administrateurs afin « d’éviter les dérives sectaires, politiques ou marchandes et pour dépasser les querelles de paroisse en donnant la possibilité à chacun de faire valoir ses arguments ». Ces fourches Caudines niveleuses bloquent arbitrairement des interventions au prétexte de « divergences entre des versions »…

La « connaissance » passe alors du rayon des « savoirs » aux gondoles des produits marketés destinés au plus grand nombre. Certains articles ne sont-ils d’ailleurs pas estampillés « best seller » ou « meilleure consultation » ?… On peut craindre d’y voir bientôt apposés des stickers avec « vu à la télé ».

Démentant ipso facto le qualificatif de « libertaire », ce label trouve également ses limites confronté au déséquilibre des savoirs à l’échelle internationale où la plupart des contenus disponibles répond en priorité aux besoins des populations de pays développés…

Ce rêve « citoyenniste » que tentent de mettre en place les apôtres de la cyber-Intelligence Collective ne serait-il pas en définitive la quête d’un monde idéalisé et le retour promis des « bénis » au Jardin d’Eden ?