Soy o Estoy ?

Tania Bolio est designer chez Schneider Electric et autrice d’une intéressante et originale thèse professionnelle intitulée Soy o Estoy – Introspection collaborative des parcours personnels des design leaders intégrés. Elle nous en dit plus sur son parcours et sa vision du design.
Tania Bolio, pourriez-vous vous présenter ?
T.B. J’ai démarré par des études techniques audiovisuelles, puis les Beaux-arts et enfin un master en informatique. Une particularité de mon parcours, c’est que je suis souvent arrivée dans des organisations où l’on n’attendait pas le design. Je vois 3 étapes dans mon parcours professionnel sur ces 15 premières années : d’abord, de l’innovation très technique chez Orange Labs, avec les premiers prototypes de second écran à une époque où les iPad n’existaient pas encore, puis chez Canal où j’étais en charge des nouveaux devices comme le prototype de la Xbox avec de l’interaction gestuelle. La 2e étape fut le passage à l’échelle dans des contextes moins habitués au design, comme la modélisation 3D de l’habitat pour le grand public chez Dassault Systèmes – pour l’anecdote, Canal c’était uniquement la France, là où Dassault Systèmes représentait 137 pays et 28 millions d’utilisateurs. La troisième étape fut la transformation digitale chez Publicis, pour accompagner de grands groupes historiques comme Intermarché. J’ai ensuite pris un virage en rejoignant une start-up qui avait créé un logiciel permettant de faire de l’investigation et de la détection de dirigeants suspects dans le crime financier, en s’appuyant sur la théorie des graphes. Dans cette entreprise, j’ai monté la pratique du design du point de vue méthodologique et en matière de design d’interface pour répondre à des problématiques métiers très diverses – le blanchiment d’argent et la fraude sociale n’ont ainsi rien à voir – sur une large palette géographique, le tout à haut niveau de complexité technique, avec des investigateurs très compétents, mais pas du tout technophiles, qu’il fallait convaincre d’utiliser nos outils. Après cela, j’ai ressenti le besoin d’une respiration intellectuelle et j’ai décidé de faire un master à l’ENSCi. Ce fut ensuite la DGE comme designer de politiques publiques, avec cette complexité inhérente à l’appareil public et avec cet impact très réel sur les utilisateurs. En parallèle, j’ai écrit ma thèse professionnelle. Enfin, j’ai rejoint Schneider Electric, où je suis aujourd’hui product manager pour le design system pour l’ensemble du groupe, soit un portfolio de plus d’une centaine d’applicatifs.