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La vie du design · 29 juin 2015

La responsabilité du designer

Christian Guellerin, président de France Design Éducation (et directeur de l’Ecole de Design de Nantes), nous livre sa vision du futur de nos métiers dans ce second article. Comment exercer le design dans notre monde instable et en constante mutation ?
Après avoir lu ce texte, vous saurez ce qui vous attend.
Lourde responsabilité !

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Produire de la beauté ?

Lire le premier article

Changer d’ère

Un monde ouvert, changeant, rapide et foisonnant. Un monde instable, sans repère, difficile à circonscrire. Un monde complexe. C’est le monde dans lequel les designers travaillent aujourd’hui. Les Lumières s’étaient donné la maîtrise du monde et l’émancipation de chacun comme objectifs, et la raison comme outil pour le faire. Elles ont engendré les révolutions industrielles portées par de nouveaux acteurs qu’étaient les ingénieurs. Le XXe siècle a porté la promesse d’un bonheur matériel pour tous, celui de la création de richesse et de l’abondance. Les marketers ont rendu le monde consommable et désirable. Au XXIe siècle, confrontés aux limites de nos modèles consuméristes, nous sommes poussés à changer de comportement et à vivre et réussir différemment ensemble, sur cette planète, maintenant si petite, si fragile, si précieuse. Nous voilà invités à faire du design. C’est la première responsabilité du designer que de permettre ce changement d’ère.

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Redonner du sens

Il est possible de recoller au projet des Lumières, l’émancipation des individus, grâce à une démarche qui redonne du sens aux petits et grands moments de nos vies, publics ou privés, professionnels ou intimes, individuels ou collectifs. Cette méthode, c’est celle des designers. Ils disposent des méthodes et du savoir-faire centrés sur l’humain, en partant de ces situations de vie, pour en imaginer les conditions d’expériences réussies et mémorables.

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Relier les savoirs pour innover

Cette nouvelle articulation des métiers, qui privilégie la qualité des expériences, implique le dialogue entre les disciplines qui les portent, et de manière plus générale entre toutes les disciplines. C’est justement une des forces des écoles de design. Le design doit maintenant entrer dans les entreprises, leurs directions, leurs labos, leurs équipes projets, en embauchant des designers. Cette convergence des disciplines, grâce au design et à la présence des designers, est la condition pour innover, dans la mesure où innover est la rencontre d’une invention et de son usage, et donc de son marché.

Produire de la beauté

Permettre à chacun de vivre des expériences de qualité, faciliter un vivre ensemble harmonieux tout en respectant l’équilibre de la planète ? Ceci se résume en une phrase, produire de la beauté, cette beauté n’étant plus un objectif en soi, mais une conséquence d’une démarche globale centrée sur l’humain. Au XXIe siècle, le design est un humanisme.