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Packaging · 14 janvier 2007

Le design biodégradable…

Jean-Pierre Goujard (fondateur d’Intelligence Produit) est l’ingénieur spécialiste du produit et de son emballage, qui conseille agences de design et entreprises. Admirable Design lui a demandé, en ces temps de préoccupations environnementales, de faire le point sur les nouveaux matériaux biodégradables. Un article à conserver…

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Matériaux et emballages plastiques biodégradables : qu’en est-il aujourd’hui ?

Tous les jours, les médias nous parlent de l’environnement, de la pollution, des déchets de plus en plus importants et des emballages que le consommateur ne sait pas recycler.

Aujourd’hui commencent à apparaître dans les produits alimentaires des emballages avec des matériaux biodégradables, mais aussi en cosmétique.

Définition de la biodégradabilité

C’est un matériau qui se dégrade sous l’action des micro-organismes en présence d’eau de sel et d’une température contrôlée.

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Qu’est-ce que c’est qu’un bioplastique ?

C’est une matière plastique à base de matière première renouvelable qui n’est pas issue du pétrole. Il peut ainsi être biodégradable, mais aussi seulement recyclable (c’est-à-dire broyé ou incinéré).

Que veut dire compostable ?

C’est un traitement sur trois mois à température de 60° plus 80 à 90 % d’humidité, et traité dans un centre industriel de compostage.

Voyons le cas des plastiques : ils sont tous d’origine fossile issus du pétrole.

Or les plastiques biodégradables, ce sont des polymères issus de ressources végétales, renouvelables, qui, une fois arrivés en fin de vie, se décomposent sous l’action des micro-organismes en dioxyde de carbone, eau et biomasse.

Attention ! Ils ne sont compostables que par traitement industriel adapté.

Que sont ces emballages plastiques biodégradables ?

Le PLA ou polymère d’acide lactique, capable de concurrencer techniquement le polyéthylène issu du pétrole. Le PLA se combine à l’amidon de maïs.

Les polymères végétaux à base d’amidon de maïs, de pomme de terre, d’éthanol de canne à sucre ou de betterave.

Les polymères bactériens ou polyhydroxyalkanoates.

Novamont

Leurs premières applications

Dans le panier de la ménagère commencent timidement à apparaître le PLA avec ou sans amidon de maïs et des polymères végétaux à base d’amidon. Exemple :

  • sacs plastiques chez distributeurs,
  • emballages pour fruits et légumes,
  • pots de plantes d’horticulteurs, ou sacs poubelles.

Encore peu de produits à marque offrent un emballage plastique biodégradable. Trop cher : le différentiel de prix entre le plastique classique et le PLA tourne autour de 2.

On peut citer : barquette filmée pour des salades 4e gamme, bio, Mont Blanc, en France ; flacons pour des eaux minérales Biota et Belu en Angleterre.

Chaque pays industriel tente de développer sa propre filière (Allemagne, USA, Japon, Chine, Brésil, Italie, Belgique, etc.). Les Américains sont les plus en avance avec leur PLA, « Nature Work », fabriqué dans leur usine du Nebraska. Un tiers de leur production est destiné aux clients européens.

En France, Limagrain a développé des films extrudés soufflés avec des polymères à base de maïs pour des applications horticoles et des sacs poubelles. Roquette et la région Nord lancent un investissement pour une usine fabriquant des polymères végétaux. SPHERE, une PME, développe une filière dans les polymères d’amidon de pomme de terre.

En résumé, les emballages plastiques biodégradables sont gênés dans leur développement par un coût allant jusqu’à 30-40 % plus élevé que celui des plastiques traditionnels. Leurs prix baisseront dès que le marché augmentera.

À ce jour, le tonnage des matières plastiques fossiles utilisées en France est de 1 995 000 t.

La capacité mondiale de production de plastiques biodégradables était estimée en 2006 à 360 000 t… En 2008, elle sera de 600 000 t.

Les mesures économiques en faveur des emballages biodégradables restent trop faibles ou insuffisantes pour convaincre tous les acteurs. Mais 2008 et les années suivantes devraient voir leur développement doubler, voire tripler. Et dans deux, trois ans, ils seront plus compétitifs alors que le coût des plastiques d’origine fossile ne cesse d’augmenter tous les ans.

Bientôt, le consommateur sera informé par le biais d’étiquettes claires sur la qualité des matériaux des emballages s’ils sont renouvelables, comme par exemple :

  • 100 % recyclable ou
  • 80 % biodégradable ou
  • 100 % biodégradable ou
  • 50 % ressource renouvelable ou
  • 80 % compostable, etc.