Apple Iphone

Apple vient de présenter son nouveau cheval de Troie dans un marché en expansion : l’Iphone. Premier constat, toute la presse mondiale en a fait sa une.
Troublant, pour une marque qui ne détient que 0 % de part de marché dans le téléphone mobile (après plusieurs tentatives avortées), 4 % dans le domaine des ordinateurs, mais certes, 60 % dans le MP3 (à relativiser toutefois, ce marché est 20 fois plus modeste que celui de la téléphonie mobile). Steve lui-même annonce qu’il vise 1 % du marché à court terme pour espérer 4 % à plus long terme ! Pourquoi tout ce ramdam, pour une marque qui avoue cet objectif ? Il y a bien autre chose derrière ce phénomène ?
Alors ?
Troublant parce qu’une analyse froide de l’événement ne justifie pas une telle mobilisation. Alors, le charisme de la marque ?…
Déroutant, le design pourtant réussi de ce nouveau futur objet culte, qui donne une impression de déjà-vu en regard des Ibook et autres Ipod. Logique…
Décevant aussi sous l’angle de la « révolution téléphonique », qui a fait dire à certains commentateurs qu’Apple avait réuni ce qui se faisait de mieux chez les autres concurrents. Mais laissons cela aux débats de techniciens, car tel était déjà le cas avec l’Ipod. Et l’on connaît la suite…
Répétitif, le scénario de Steve Jobs, pour la présentation show de sa « révolution de la téléphonie mobile ». Encore que, cette fois-ci, il y est allé de sa petite larme. Fort, l’artiste !

Donc un événement médiatique qui a fait que la cote de l’action Apple (on ne dit plus Apple Computers) a fait plus 8 % en une seule journée à Wall Street.
Décidément, cherchons l’erreur…
Il y a belle lurette que Steve Jobs, lui, a compris qu’il ne s’agissait pas de s’adresser aux fondus de technologie, éternels insatisfaits, zappeurs invétérés des marques, cibles incontrôlables par définition.
Apple s’adresse à notre goût inné de l’esthétique, voire du luxe, de la chose bien faite (ah ! les packagings Apple !), de la gestuelle naturelle et de notre identité statutaire. Ajoutez une dose de snobisme, un ton qui fait appel à l’intelligence et à l’humour.
L’Iphone d’Apple est déjà un « objet évidence » qui s’appuie sur une identité reconnaissable entre toutes, un esprit de gamme unique sur le marché des nouvelles technologies (Sony tente de s’y mettre avec sa gamme Vaio).

J’ose dire que les lignes épurées, le blanc parfait ou le noir absolu, le symbole d’une pomme croquée, la sensualité des écrans tactiles, confèrent à la marque une dimension de « pureté spirituelle », comme une sorte d’oasis, dans un univers bruyant, chahuté et agressif, propre à ce marché. Il suffit d’aller dans un Apple Store pour s’en convaincre.
On est dans une ambiance post-Odyssey 2001 !
Décidément non, Apple ne vend pas de technologie, même s’il ne parle que de cela.
Un phénomène…