Fotonumérix, pour combien de temps ?
Voilà que Woody, le photographe maison, nous fait sa crise ! Non, la photo numérique ne serait pas toute belle toute gentille… Nostalgie du Leica ou anticipation ? Lisons-le d’abord, l’avenir nous le dira ensuite…
Combien de pixels, ton numérique ?
Avec la montée en puissance sur le marché « high-tech » grand public, le début du 21e siècle ne se contente plus de promettre, mais au contraire déborde l’offre d’imagination et d’une multitude de propositions technologiques.
Pourtant, certains sujets envahissent considérablement et modifient notre façon de faire sans pour cela troubler notre vigilance.
Aujourd’hui, un nouveau support vampirise le monde de l’image : la photo numérique.
Cette technologie a d’abord choqué, amusé, mais à force de propagande bien injectée dans les veines commerciales de nos sociétés de consommation, a réussi à s’imposer encore mieux et plus vite que l’univers de la téléphonie personnelle.
Pourtant, la première introduction sur le marché se limita à deux critères pénalisants : le coût et la qualité.
En quelques années, la qualité s’imposa rapidement comme valable au regard même des professionnels de l’image avec le support et le développement des plus grandes majors de l’industrie de la photo (Nikon, Canon, Olympus, etc.) et le coût, lui, ne chuta pas aussi rapidement que la qualité des appareils photographiques croissait.

Pourtant, à l’aube de l’an 2000, il fut possible de faire des photographies de plus de 5 millions de pixels avec un matériel ne dépassant pas les 400 euros. Ne pensez pas que j’adopte un discours racoleur de vendeur Darty, mais force est de constater qu’aujourd’hui plus qu’hier, tout le monde parle de n’importe quoi sans pour cela y comprendre quelque chose. C’est aussi ça la tendance, c’est de parler de ses 5 millions de pixels sans être capable de signifier quoi que ce soit sur le sujet. Il est vrai également que ces appareils photo sont dénommés dans les catalogues ou dans les magasins en trois lignes : la dimension, le poids, le nombre de pixels et surtout… un autocollant dessus en rouge fluo « Nouveau, encore plus performant ».
Votre imagination fera le reste !

Concurrence oblige, l’intox intra-constructeurs reliée par les guerres marketing a forcé de fabuleuses opérations de déstockage de matériels permettant de vendre encore une fois plus ou moins à perte, mais de vendre tout de même en arrosant un public peu concerné mais soudainement pénétré par la grâce artistique.
« Et si je demandais un appareil photo au Père Noël ? »
« Mais tu as déjà un appareil, et tu fais une pellicule et demie par an (moyenne des photographes français amateurs). »
C’est ainsi qu’à la surprise générale, mon grand-père découvrit sous le sapin, un soir de décembre 2002, un appareil numérique offert par la famille pour immortaliser de « merveilleux souvenirs ». Va-t-on nous refaire le coup du Polaroïd ? Non, car cette fois, les constructeurs ont compris qu’il fallait se serrer les coudes pour imposer un standard. Nous ne sommes plus dans les années 80 où individuellement les fabricants cherchaient à imposer une norme technique en observant le consommateur s’épuiser et se ruiner dans des futilités high-tech !

Numérique et internet…
Toutefois, le monde de la photo numérique ne doit pas uniquement sa survie à l’opiniâtreté de ses constructeurs mais surtout au soutien constant qu’apportent les fournisseurs et le réseau lié à l’image numérique sur internet.
En effet, la photo numérique se développe à travers le milieu de l’entreprise qui, en utilisant ce support instantané et rapide, donc économique en quelque sorte pour elle, a provoqué un second marché plus lent en mise en place : celui du grand public.
Aujourd’hui, la photo numérique vit par le réseau numérique qui l’alimente.
Les photos de mon grand-père ne seront passionnantes que si on les imprime.

Car même si la petite cartouche peut contenir plus de 250 photos de bonne résolution (alors que son vieux Leica ne prenait que 36 poses ! ! !), il faut encore pouvoir les décharger sur un autre support électronique.
Mince ! Nous avions tous oublié autour du sapin qu’il fallait aussi prévoir : l’ordinateur, les logiciels de retouche, l’imprimante, le graveur pour dupliquer les photos et des consommables à « tir l’haricot ! »
Car même si la photo numérique « c’est Suuu-per fastoche », nous devons remarquer visiblement que cela coûte beaucoup plus cher que le vieux Leica de mon papy !
Tendance oblige de nos jours, tout augmente, même la capacité des petites cartouches en mégaoctets qui permettent de stocker des centaines de photos sur une surface de 6 cm² !
Sur internet arrivent en force aujourd’hui des sites dédiés à l’impression de vos photos numériques, c’est une guerre de coûts également. D’autres proposent de partager avec vos proches vos albums de photos sur le net. Il existe aussi des « Data Warehousing » qui proposent de sauvegarder vos données numériques à l’année sur de puissants serveurs. Un nouveau monde s’organise…

Rendez-vous dans…
J’en terminerai avec l’interrogation qui menace tout photographe en herbe, toute entreprise qui numérise ses documents, ou studio de prise de vues qui « shoote » pour ses clients.
Quelle durée de vie accordera-t-on aux supports numériques ?
Cette technologie étant étroitement liée à l’univers binaire de l’informatique personnelle, on ne serait surpris d’apprendre que les cartouches photographiques numériques n’ont qu’une durée de vie de 5 ans, que les CD-Rom gravés à la maison peuvent contenir les données sur une période maximale de 10 ans (et cela dépend de la qualité des CD achetés), que le disque dur d’un ordinateur ne tiendra pas 15 ans avant de faire son « scratch disk »…
Alors, je me repose la question en regardant les inaltérables diapositives Kodachrome faites sur moi à mon baptême en 1964 par mon papy avec son Leica, en me demandant ce que seront les photos numériques gravées sur un vieux CD dans 40 ans ?
Des sites pour faire imprimer les photos :
Des sites marchands :
Des magazines sur la photo numérique :