Millot Boulot Dodo

Michel Millot est précurseur du design français en Chine. Il nous parle de son dernier ouvrage, Millot Boulot Dodo – Une vie de designer – Tant mieux, tant pis.
Michel Millot, parlez-nous de votre dernier livre
M.M. J’ai voulu raconter ma vie dans son entier : famille, vie privée et activité professionnelle. Dans le cadre de cette interview, je vais me limiter au métier et en particulier à mes 30 ans d’activité en Chine. Il faut savoir qu’avant d’aller en Chine, j’ai travaillé dans des pays dits communistes, notamment en Pologne et en Yougoslavie, car je m’imaginais que l’on y parlait beaucoup d’usage et que le marketing ne venait pas perturber la création. Grosse erreur de ma part ! Du coup, je suis allé voir ce qui se passait en Corée, en Malaisie et au Japon, et je me suis décidé à aller en Chine. J’ai débuté en Chine en donnant des cours dans la seule école qui à l’époque s’intéressait au design (ndlr : nous sommes là dans les années 1985). J’ai rapidement sympathisé avec mon interprète et avec la directrice de l’école, qui m’ont aidé à trouver mes premiers prospects. Je suis allé à Shanghai, à Hong Kong, puis j’ai fini à Canton où j’ai monté un bureau. Tous les travaux de design étaient réalisés en France par mon agence et avec mon équipe. De ce fait, j’ai travaillé pendant 30 ans uniquement pour des industriels chinois avec mon bureau à Canton et mon agence en France. Canton était ma base de prospection et je me déplaçais systématiquement pour chacun de mes clients, tant pour le démarrage des projets que pour le suivi. En général, j’étais 15 jours en France et 15 jours en Chine. Pour la petite histoire, j’ai 200 allers-retours France-Chine à mon actif !