Le design déjanté ?
Voici des designers qui raisonnent « à côté », en marge… Leurs créations sont faites pour surprendre, dérouter et donc attirer l’attention (d’ailleurs s’appeler « la Tête au Cube », c’est déjà un indice de folie, non ?).
Un parcours hors cadre donc… mais n’est-ce pas la meilleure façon de toucher un public blasé ?

Gérard Caron : Vous avez commencé par le design produit pour aller maintenant vers la stratégie de marque par le design… Quelle est la recette ?
Nous nous sommes inspirés de l’expérience produit pour rendre efficace une stratégie de design de marque par le « design émotionnel ».

GC : Ce qui veut dire ?
De mettre notre sensibilité que l’on peut qualifier d’affective, celle qui est à l’origine de la Tête au Cube mais que nous utilisions pour le design produit.
Raconter des histoires autour d’un objet pour apprendre à en imaginer d’autres pour une marque à partir de ce qui la rend légitime, on dit aujourd’hui son ADN !
Se contenter de développer une marque par le « simple design » n’est plus suffisant. Il est nécessaire de prendre en considération la sensibilité du public et de raconter des histoires qui le touchent.

GC : Comment procédez-vous ?
Généralement, plusieurs étapes sont nécessaires avant de toucher l’utilisateur final : la création passe souvent par les mains du chef de produit avant d’être présentée à un chef de groupe, étudiée par un directeur marketing, avant de redescendre au commercial, pour être enfin proposée au client.
Or ce qui est important c’est de créer au départ des produits qui racontent une histoire. D’être dans le design émotionnel adapté à la vérité de la marque afin de leur imaginer de nouveaux liens avec le client. C’est une sensibilité indispensable.
Ce processus de création, très propre au design produit, peut s’appliquer au design de marque.

À partir de ces histoires nous créons des objets et des réponses à tous les moments et lieux d’expression : buzz, digital, merchandising, street marketing, happening artistique ; en somme, tous les supports de communication qui peuvent servir la marque, à l’exception de la publicité.
Être ultra créatif et bien structuré est la recette indispensable.

GC : Cela nécessite de bien connaître les circuits de production…
Lorsqu’on travaille pour une marque effectivement on se doit d’intégrer les contraintes de réalisation et de production en amont du projet.
Mais n’est-ce pas le fondement même du design produit d’où nous sommes issus ? Rien ne sert d’imaginer si l’on ne sait pas produire ; qu’il s’agisse d’un objet vendu dans une seule boutique ou à des millions d’exemplaires !
