Cuba libre ? Un cocktail plutôt amer…
Euphrasie Villalard parcourt le monde pour les défilés de mode… Dans un premier article sur Cuba, elle expliquait aux fidèles d’Admirable Design comment faire son shopping à Cuba dans des supermarchés vides… Cette fois-ci, elle nous fait partager son point de vue synthétique sur cette île… paradisiaque ! Une petite page culturelle ?

Bienvenue à La Havane, Cuba
Ses plages paradisiaques, ses cigares, rhum, salsa ou encore le rythme endiablé du « cha-cha-cha » nous inspirent un pays « sans nuages », aussi idyllique que ses cartes postales. Mais qu’en est-il réellement ? Que résulte-t-il d’un pays communiste dirigé « à la Castro » depuis plus de 60 ans ?
Après avoir fait de beaux rêves dans un hôtel tout confort, j’ouvre finalement les yeux sur un tout autre décor…

L’Hôtel National de Cuba, classé monument historique, accueille de nombreuses célébrités internationales depuis sa construction en 1930. Il abrite son propre musée où, au fil des décennies, son histoire et les « gens du beau monde » y sont présentés.
Quittons dès à présent les tableaux nos présidents et top models pour aller à la rencontre d’une population et d’un environnement beaucoup moins glamour…

Cuba semble toujours vivre à l’heure de la révolution…
Au milieu d’un champ de ruines se dresse un mur de peinture fraîche aux couleurs du drapeau cubain retraçant les étapes de la révolution.
Contrôlé par l’État, l’art cubain doit être représentatif du triomphe communiste. De nombreuses peintures à l’effigie du Che, de Fidel et plus modestement des paysages sont exposées dans la rue. La publicité ne se résume finalement qu’à la propagande du PCC, Parti communiste cubain.

Des posters des frères Castro affichant le slogan « La revolution pujante y victoriosa segue adelante » ou « En avant la révolution vigoureuse et victorieuse » se retrouvent dans les rues, routes et institutions.
Politique
Depuis la succession de Raul Castro à son frère Fidel en février 2008, de sensibles changements s’opèrent, notamment par l’allègement des restrictions de l’embargo des États-Unis à l’égard de Cuba et un réengagement des négociations vis-à-vis de la base de Guantanamo, célèbre pour la détention de terroristes liés aux attaques du 11 septembre.
Notons que le PCC est le seul régime toléré.
Communication
Les médias sont entièrement contrôlés et toute presse internationale est interdite depuis 2006. L’île dispose de quatre chaînes de télévision diffusant le même journal portant sur la gloire du communisme sud-américain.
L’achat d’un ordinateur et l’utilisation d’internet sont interdits aux habitants et la connexion est scrupuleusement contrôlée au sein des hôtels touristiques.
Notons que seulement 10 % de la population bénéficie d’une ligne téléphonique fixe et 3 % d’un téléphone portable…

Population
Cuba compte 11,5 millions d’habitants. L’émigration illégale est un problème permanent.
La population essaye par tous les moyens de fuir vers les États-Unis et notamment Miami (usage de passeports falsifiés, embarcations de fortune, contrebandiers étrangers… ou harcèlement moral du personnel hôtelier pour garder contact… mon expérience personnelle !)
Le pays est aussi sujet au tourisme sexuel et au travail forcé…
Monnaie
Deux monnaies sont en circulation sur l’île.
Le CUC ou peso convertible est la devise utilisée par les touristes, son taux de change est de 1 CUC = 1,10 $.
Le CUP ou peso cubain est quant à lui utilisé par les habitants. Il faut aujourd’hui plus de 28 pesos cubains pour correspondre à 1 peso convertible !
Économie
Pourvu d’une balance commerciale déficitaire, le pays dispose de peu de partenaires commerciaux.
Cuba exporte son sucre, nickel, café, tabac, poisson et produits médicaux en Chine, au Canada et en Espagne.
Ses importations concernent le pétrole en provenance du Venezuela ainsi que les denrées alimentaires et biens d’équipement depuis la Chine et l’Espagne.
Les problèmes de pénuries alimentaires, en biens de consommation et services restent récurrents.
Cuba libre ? Un cocktail plutôt amer…