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La vie du design · 11 décembre 2006

Les couleurs du marketing

Un coup de colère de Nicolas Chomette vis-à-vis des manipulateurs des codes naturels sous couvert de règles marketing du moment… qui, elles, ne dureront pas le temps que durent les cerises rouges et les choux-fleurs blancs…

Un chou-fleur violet ?

Disneysation ?

Producteur de 85 % des choux-fleurs de l’Hexagone, Prince de Bretagne décline désormais son produit phare dans les tons d’orange et de violet.

Son objectif n’est pas seulement d’apporter une touche de couleurs et de « festif » à nos repas, il est aussi, et surtout, de renverser l’image négative de son produit auprès des enfants, les consommateurs de demain, grâce à une couleur séduisante et à un goût sucré qui devraient les séduire… autant que les embrouiller.

Les carottes bleues, c’est pour quand ?

Au moment où les médias ne cessent de prôner les vertus de la naturalité et des goûts retrouvés, où les tenants du fooding se font les chantres des produits « simples et vrais », gages d’une authenticité sacralisée, la démarche de Prince de Bretagne a de quoi surprendre.

On entend déjà les avocats du Prince évoquer avec lyrisme l’irrévocable nécessité de « réenchanter » son quotidien pour vivre pleinement ses émotions ou le devoir d’imaginer tous les subterfuges possibles pour favoriser l’application du Plan national pour la nutrition et la santé afin de « corriger » (au plus vite !) les enfants victimes d’une alimentation déséquilibrante.

Mais faut-il pour autant « disneyser » les étals et malmener les goûts et les couleurs ?