Chéri, maquille-toi !

C’est bien sûr Jean-Paul (… Gaultier, voyons) qui lance la première ligne de maquillage français destinée aux hommes. Le design est réussi et la gamme des produits n’a rien de provocant ; elle est même très raisonnable : rien que des couleurs neutres, transparentes, légères, histoire de se donner bonne mine. Un maquillage pour corriger, presque invisible.
Rien de provocant dans tout cela… si ce n’est l’idée même de maquillage pour homme, qui doit lutter encore contre de nombreux tabous.
L’idée n’est pourtant pas nouvelle. Les hommes se sont maquillés, poudrés, parfumés pendant de nombreux siècles. Plus proche de nous, depuis une dizaine d’années, Guerlain propose un fard pour homme (boîtier et brosse compris) appelé pudiquement « Terracotta Homme ». Au Japon, une ligne de maquillages mode pour homme a été lancée vers 1995, avec des coloris audacieux, des eye-liners, des ombres à paupières. Échec total. En France, le récent succès de la gamme de soins pour l’homme lancée par Clarins laisse entrevoir un changement lent, mais évident, des mentalités, qui avaient déjà été préparées par Biotherm Homme et Nickel.
Jean-Paul (Gaultier, on vous dit !) réussira-t-il à vendre sa – prudente – gamme en dehors du milieu gay parisien, acquis d’avance ? Une brèche va-t-elle s’ouvrir sur ce créneau ? Cela fait vingt ans que les grandes marques piaffent d’impatience.
Mais l’homme a toujours résisté… jusqu’à ce jour.