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Article publié le 4 mai 2009

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Les codes du langage sonore...

En ce qui concerne la communication, tout commence par les oreilles... et ce depuis le ventre de notre mère ?!
Voilà ce qui ressort - et bien autre chose- de ce passionnant article de Michaël Boumendil, le fondateur de Sixième Son, l’Agence de l’identité sonore.
Curieux comme vous êtes, lecteurs fidèles d’Admirable, vous allez aimer...


Les codes du langage sonore ont une origine et ils ont une fin.

Cela crée une grammaire qu’il faut savoir respecter.

Si la musique est langage, elle a sa grammaire, son vocabulaire avec son étymologie et son orthographe. Replacer dans une perspective de communication, le son et la musique doivent penser dans le respect de codes essentiels qu’il convient de comprendre pour en tirer le meilleur parti.

Décodeur sonore.

Vous le savez peut-être mais chacun d’entre nous a commencé sa carrière de communicant en qualité de décodeur sonore. Où ça ? Dans le ventre de notre mère. Dans ce lieu précis, où tant de choses se jouent, le premier vecteur de communication, le premier élément d’échange et d’encodage est de nature sonore.

Si l’on sait aujourd’hui que l’enfant entend, qu’il retient des sons et des mélodies, on sait depuis longtemps qu’il interprète un signe essentiel que sa mère lui adresse : le bruit du battement de son cœur.

A vrai dire, il ne s’agit pas d’un signe mais d’un ensemble de signes dont la structure recèle beaucoup d’informations autant qu’elle forme l’enfant à sa première leçon de décodage musical.

Un cœur qui bat à 60 pulsations minute a une structure de fréquences et une logique rythmique que le fœtus sait interpréter comme l’état de calme et de confort où sa mère se trouve.

Ce n’est pas un hasard si un bon vieux slow glisse sur un tempo de 60 à 70 battements par minute. La capacité à interpréter la combinaison des fréquences et du tempo au stade fœtal est aussi structurant dans la communication sonore des humains que leur capacité à constater de façon structurelle que le ciel est bleu et que le sang est rouge.

On parle souvent de musique dynamique ou du besoin d’afficher une posture musicale dynamique. Sur un item aussi simple, nombre de marques se trompent et – au sens littéral du terme – confonde dynamisme, vitesse et précipitation.

Le dynamisme a lui aussi ces codes ! Une surenchère esthétique ou un complexe qui veut que plus c’est mieux, les poussent à ne pas entendre que le dynamisme a lui aussi ces codes.

Ce qu’il faut surtout retenir de cette logique grammaticale est la dimension narrative de l’encodage sonore.

Récemment, Sixième Son organisait une formation pour les responsables marketing d’une société de service. Nous avions décidé de leur montrer ce qu’impliquait de travailler musicalement sur l’item de la sécurité, l’un des mots clé du vocabulaire de leur marque.

Nous avons pris un de leur film en l’habillant de 10 musiques différentes. Nous avons testé auprès de ces responsables que la perception de la sécurité était forte sur tous ses films. Pourtant, tous les participants ont bien compris, sans toujours savoir l’exprimer, que certaines façons de parler sécurité ne leur allaient pas.

En creusant la question, nous avons démontré que chaque musique parlaient de sécurité, certes, mais en donnant à comprendre l’origine de cette sécurité délivrée. L’une des musiques disait que la sécurité venait de la maîtrise technologique, l’autre de l’expérience éprouvée de la marque, l’autre de la solidité de son expertise, l’autre de l’orgueil et de la puissance écrasante de l’entreprise, la suivante de l’authenticité et la dimension ancestrale de ces méthodes.

La logique grammaticale de la musique et sa dimension narrative ont ainsi pour conséquence de répondre à deux questions clés : où suis-je et d’où viens-je. La musique ne dit pas seulement ce qui se passe à un moment donné, elle dit surtout comment on y est venu. Il y a donc un réflexe à acquérir : celui de chercher le sentiment et l’origine du sentiment.

Dans le fond, ce joue simplement ici la légitimité de l’expression sonore et finalement la crédibilité de la marque qui la porte.

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Michaël Boumendil

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